Bitcoin : sécurité quantique, stablecoins, Salvador et débat sur BIP 110

Bitcoin : sécurité quantique, stablecoins, Salvador et débat sur BIP 110

Autor: Rédaction Crypto Revue

Veröffentlicht:

Kategorie: Nouvelles

Zusammenfassung: Des solutions défendent certains portefeuilles Bitcoin face aux menaces quantiques, tandis que Bitcoin, les stablecoins et les jeux rémunérés alimentent les débats sur les paiements futurs.

Bitcoin face à la menace quantique : une défense sélective

Selon Yahoo Finance France, une nouvelle preuve développée par Project Eleven doit permettre aux détenteurs de certains portefeuilles Bitcoin de démontrer qu’ils possèdent les clés associées à une adresse compromise par de futurs hackers quantiques. Cette preuve utilise simplement la phrase de récupération, ou seed phrase, sans révéler la clé maîtresse.

Le principe repose sur BIP-32, le système de dérivation de clés adopté par les portefeuilles modernes depuis 2012. Un ordinateur quantique pourrait extraire la clé privée d’une adresse dont la clé publique est exposée, mais il ne pourrait pas remonter jusqu’à la clé maîtresse, les fonctions mathématiques utilisées ne fonctionnant que dans un seul sens.

Le concept, présenté en 2023 par les universitaires Or Sattath et Shai Wyborski sous le nom de « signature lifting », a donné lieu à un premier prototype développé par Olaoluwa Osuntokun, directeur technique de Lightning Labs. La nouvelle version serait 16 fois plus rapide, avec des valeurs de 243 millisecondes sur un ordinateur portable.

Cette solution ne concerne toutefois pas les anciens portefeuilles créés avant l’utilisation des seed phrases. Les portefeuilles de Satoshi Nakamoto avaient généré chaque clé individuellement, sans clé maîtresse. Une analyse publiée en 2013 par Sergio Demian Lerner attribue environ 1,1 million de BTC à Satoshi, répartis sur près de 22 000 adresses.

Ces pièces exposent leur clé publique on-chain et figurent donc parmi les cibles quantiques les plus faciles à attaquer. Le gel envisagé par Changpeng Zhao, ainsi que la proposition BIP-361, pourrait dans leur cas aboutir à un verrouillage définitif plutôt qu’à une récupération.

L’outil de Project Eleven n’a pas encore été audité, ne couvre que trois anciens types d’adresses et n’a été adopté par aucune blockchain. Yahoo Finance France rapporte également que la recherche quantique de Google a réduit cette année par 20 le matériel nécessaire à de telles attaques, tandis que les agences américaines doivent respecter des échéances post-quantiques pour la cryptographie d’ici 2031.

« Les ordinateurs quantiques peuvent extraire une clé privée à partir d'une clé publique. Ils ne peuvent pas revenir en arrière sur le hachage qui l'a produite. La dérivation propre à un wallet peut encore fournir, en fin de compte, une preuve post-quantique de possession », a déclaré Project Eleven.

À retenir : la nouvelle preuve peut aider les détenteurs de portefeuilles modernes fondés sur BIP-32, mais elle ne protège ni les anciennes adresses de Satoshi ni tous les formats de portefeuille existants.

Bitcoin ou stablecoins : le débat sur la monnaie des agents d’intelligence artificielle

Dans une opinion publiée par Les Echos, Alexandre Stachtchenko, directeur de la stratégie de Bitstack, estime que les agents d’intelligence artificielle pourraient bientôt effectuer eux-mêmes des achats et des ventes. Cette évolution pose la question de la monnaie et de l’infrastructure de paiement adaptées à des logiciels autonomes.

Les infrastructures financières actuelles n’ont pas été conçues pour des agents non humains. Un agent logiciel ne peut pas ouvrir un compte bancaire ni détenir directement un instrument de paiement, tandis qu’une multitude de systèmes échangeant continuellement des services pour des montants infimes nécessite une infrastructure monétaire différente.

Les stablecoins, décrits comme des dollars numériques émis par des acteurs privés, se sont rapidement imposés dans ce contexte. Les Echos les présente comme plus rapides, utilisables sans compte bancaire et assortis de frais quasi nuls, avec des volumes déjà supérieurs à ceux de Visa et Mastercard.

Alexandre Stachtchenko alerte sur un enjeu de souveraineté pour l’Europe. Si les agents automatisés utilisent par défaut des dollars, une part croissante de l’économie européenne pourrait dépendre d’une autre juridiction et d’émetteurs privés américains capables de geler les fonds au niveau du protocole.

L’euro numérique ne constituerait pas, selon cette analyse, une réponse suffisante. Le texte approuvé le 23 juin par la commission économique du Parlement européen prévoit une détention plafonnée et sans rémunération afin d’éviter une fuite des dépôts bancaires. Un seuil de 3.000 € a été évoqué.

Le déploiement coûterait, selon les estimations de l’industrie bancaire, de 4 à 5,8 milliards d’euros au secteur. Le texte laisserait également la possibilité de frais et de commissions pour les commerçants, qui seraient obligés d’accepter l’euro numérique tout en ne pouvant pas le conserver plus de vingt-quatre heures.

La Banque centrale européenne garantit le respect de la vie privée, mais précise que l’instrument sera traçable afin de respecter les réglementations. Pour l’auteur, la monnaie resterait donc programmable et contrôlable par son émetteur, même si le centre de décision était déplacé à Francfort.

Bitcoin est présenté comme une troisième voie, sans émetteur ni siège social. Selon Alexandre Stachtchenko, aucun État ni aucune entreprise ne peut l’émettre, le geler ou le censurer, tandis que le réseau Lightning fournit déjà une couche de règlement instantanée et à frais infimes.

À retenir : l’article oppose trois modèles pour les paiements automatisés : la dépendance à un dollar privé, le contrôle d’un euro numérique et l’utilisation de Bitcoin comme monnaie sans émetteur central.

Les méthodes pour obtenir des bitcoins sans investir en 2026

Android MT distingue deux familles de méthodes permettant d’accumuler du Bitcoin sans achat direct : les jeux mobiles et le minage via navigateur, dont les rendements restent faibles, et les bonus de bienvenue proposés par les plateformes, qui nécessitent un dépôt ou des opérations.

Le jeu Bitcoin Bounce, développé par THNDR Games et disponible sur iOS et Android, permet de collecter des tickets donnant accès à une loterie quotidienne. Les gains distribués aux gagnants tirés au sort vont de 100 à 5 000 satoshis selon les tirages, soit entre 0,000001 et 0,00005 BTC.

THNDR Games propose également Tetro Tiles, Club Bitcoin Solitaire, Turbo 84, Bitcoin Snake et Bitcoin Bay. Les gains obtenus avec ces jeux sont généralement encore plus limités que ceux de Bitcoin Bounce.

CryptoTab constitue une autre option. Ce navigateur, ou cette extension Chrome, mine du Monero, ou XMR, qui est ensuite automatiquement converti en Bitcoin. Le montant dépend de la puissance du processeur, mais l’utilisation peut ralentir la machine, augmenter sa température, accélérer la décharge de la batterie et faire grimper la facture d’électricité.

Bridge Wallet, développé par Mt Pelerin, propose des quêtes rémunérées en satoshis sur le réseau Lightning. L’accès à ces missions est toutefois conditionné à l’achat préalable d’au moins 50 francs suisses, soit environ 52 €, de Bitcoin sur l’application.

Les offres commerciales affichent des montants plus élevés. OKX propose jusqu’à 400 dollars, soit environ 370 €, en Bitcoin, ainsi qu’un bonus équivalent à 8 % du dépôt, sous réserve de déposer des fonds avant le 31 juillet 2026 et de réaliser des missions de trading dans les 30 jours suivant l’inscription.

Bybit EU propose jusqu’à 10 % du dépôt, 50 € en Bitcoin et 50 € supplémentaires par parrainage réussi, avec un premier dépôt minimum de 100 €. SwissBorg offre jusqu’à 100 € en Bitcoin et jusqu’à 3 % du dépôt, à condition de conserver les fonds jusqu’au 1er octobre 2026.

Gate EU distribue pour sa part un bon pouvant atteindre 20 dollars, soit environ 18,50 €, selon le rang d’inscription. Ce bon peut ensuite être utilisé pour acheter du BTC sur la plateforme.

  • Vérifier la date limite de dépôt et la durée de conservation exigée.
  • Lire les missions de trading nécessaires au déblocage du bonus.
  • Prévoir le stockage des gains dans un portefeuille sécurisé.

Android MT recommande notamment de conserver les gains dans un portefeuille logiciel comme Electrum ou dans un portefeuille physique comme les modèles Ledger. Les jeux et le minage passif permettent de découvrir l’univers Bitcoin sans risque financier direct, mais les montants restent marginaux, tandis que les bonus nécessitent un dépôt et peuvent imposer des conditions de trading ou de conservation.

À retenir : les jeux distribuent entre 100 et 5 000 satoshis selon les tirages de Bitcoin Bounce, alors que les offres de plateformes peuvent atteindre jusqu’à 400 dollars sur OKX, sous conditions.

Au Salvador, le modèle Bitcoin de Nayib Bukele face aux libertés publiques

Dans Bitcoin.fr, le journaliste Joe Nakamoto livre une analyse du Salvador après six voyages effectués au cours des quatre dernières années. Son enquête examine à la fois la transformation sécuritaire et internationale du pays sous Nayib Bukele, ainsi que les conséquences du régime d’exception sur les libertés individuelles.

Avant l’arrivée de Bukele, la population vivait sous la menace du racket des gangs et de la violence. Selon l’article, l’élimination de ces organisations criminelles a permis aux habitants de retrouver une sécurité quotidienne, ce qui explique une popularité qui frôle les 90 %.

La décision de faire de Bitcoin une monnaie légale a également placé le Salvador au centre de l’attention internationale. Le pays est devenu une vitrine de la communauté Bitcoin, attirant investisseurs, touristes et capitaux.

Joe Nakamoto critique cependant la prolongation des pouvoirs exceptionnels. Depuis mars 2022, l’état d’urgence est renouvelé automatiquement chaque mois. Ce régime suspend l’article 24 de la Constitution et autorise les forces de l’ordre à intercepter les appels, lire les messages privés et surveiller l’activité numérique de citoyens et de touristes sans mandat judiciaire.

L’enquête décrit une asymétrie entre la protection du secret de l’État et celle de la vie privée des citoyens. La nouvelle loi sur les données protégerait le secret de l’État contre les journalistes, notamment au moyen d’un droit à l’oubli utilisé pour censurer la presse.

L’application Chivo Wallet, qui a fonctionné jusqu’en 2024, aurait exigé des scans faciaux en échange de 30 dollars de bienvenue. Plus de 100 Go de données contenant des photos de reconnaissance faciale, des adresses et des dates de naissance de 80 % de la population auraient ensuite été divulgués sur le dark web.

Selon l’article, la communication officielle autour de Bitcoin est principalement tournée vers l’extérieur, avec un logo Bitcoin à l’aéroport international et une communication en anglais destinée aux capitaux étrangers. Les réussites les plus concrètes seraient plutôt venues d’initiatives locales comme Bitcoin Beach à El Zonte et le programme d’éducation My First Bitcoin.

L’enquête souligne enfin le contraste entre la sécurité retrouvée par la majorité de la population et la pression exercée sur les espaces de contradiction politique et médiatique. Les journalistes indépendants et les voix dissidentes évolueraient dans une zone juridique instable, tandis que la surveillance et le risque d’arrestation arbitraire favoriseraient l’autocensure.

« La popularité n'est pas la légitimité », rappelle Joe Nakamoto en reprenant les propos de la députée d’opposition Claudia Ortiz.

À retenir : le Salvador combine un succès sécuritaire présenté comme historique et un recul des garanties liées à la vie privée, à la présomption d’innocence et à la liberté de la presse.

Brian Armstrong : Bitcoin est devenu une réserve de valeur, les stablecoins servent aux paiements

Selon Yahoo Finance France, Brian Armstrong, PDG de Coinbase, estime que Bitcoin n’a pas réalisé la vision initiale de Satoshi Nakamoto comme monnaie numérique utilisée au quotidien. Il considère que Bitcoin est devenu une réserve de valeur comparable à de l’or numérique, tandis que les stablecoins ont repris la fonction de moyen d’échange.

Bitcoin se situait autour de 64 523 dollars, soit environ 45 % de moins que son sommet d’octobre 2025 à 126 080 dollars. Dans le même temps, l’offre de stablecoins était proche de ses plus hauts historiques.

Interrogé par Nikhil Kamath, cofondateur de Zerodha, dans le podcast People by WTF, Brian Armstrong a reconnu que Bitcoin avait réussi comme réserve de valeur mais qu’il n’était pas devenu un moyen d’échange. Le livre blanc publié en 2008 promettait pourtant une forme de monnaie électronique circulant en ligne sans intermédiaire bancaire.

Le premier bloc de Bitcoin, créé en 2009, faisait référence aux plans de sauvetage des banques britanniques. Plusieurs tentatives ont cherché à développer les paiements, notamment le Lightning Network, mais Brian Armstrong estime que cette solution n’a jamais réellement décollé.

Le plafond de l’offre de Bitcoin inciterait les détenteurs à conserver leurs pièces dans l’espoir d’une hausse future. La volatilité renforcerait cette tendance et limiterait l’utilisation de Bitcoin pour les paiements courants.

Les stablecoins adossés à des monnaies fiduciaires auraient donc rempli le rôle de monnaie de paiement. Les données de DefiLlama mentionnées par Yahoo Finance France évaluent leur offre proche de 310 milliards de dollars, dont 184 milliards pour l’USDT de Tether et 73 milliards pour l’USDC de Circle.

Brian Armstrong attribue également leur développement au GENIUS Act, signé en juillet 2025, qui aurait contribué à rendre ces jetons légaux et fiables aux États-Unis. Une grande partie des transactions se déroule désormais sur Base et Solana.

« Je pense qu'il est juste de dire, à ce stade, que Bitcoin a réussi comme réserve de valeur, et je ne pense pas qu'il soit devenu un moyen d'échange », a déclaré Brian Armstrong.

À retenir : l’analyse attribue à Bitcoin le rôle de réserve de valeur et aux stablecoins celui de moyen d’échange, avec une offre de stablecoins proche de 310 milliards de dollars.

Michael Saylor s’oppose au BIP 110

Yahoo Finance France rapporte que Michael Saylor, président de MicroStrategy, demande aux développeurs de Bitcoin de rejeter le BIP 110, intitulé « Reduced Data Temporary Softfork ». Il estime que cette proposition tente de traiter un problème réel de stockage de données avec une solution plus dangereuse pour la neutralité du protocole.

Le BIP 110 limiterait temporairement la manière dont certaines transactions sont construites afin de réduire le stockage des données sur la blockchain. Selon Michael Saylor, les auteurs poursuivent des objectifs qu’il partage : protéger les opérateurs de nœuds contre des coûts inutiles, maintenir des paiements abordables et faire de Bitcoin une monnaie saine plutôt qu’un système de stockage généraliste.

Sa critique porte sur les sept restrictions de consensus prévues par la proposition. Elles sanctionneraient des transactions valides qui paient leurs frais en raison de la présence de contenus jugés impopulaires.

Le projet limiterait la taille des scripts, restreindrait les blocs de contrôle Taproot et interdirait la dépense de versions de témoin non définies. Son statut « Complete », obtenu selon BIP 3 en juin, signifie que l’auteur est prêt, mais ne constitue pas un accord de la communauté.

Le BIP 110 maintiendrait les sorties non dépensées créées avant l’activation, une mesure que Michael Saylor juge importante mais insuffisante. Adam Back a également critiqué l’initiative, estimant qu’elle pourrait s’essouffler quelques semaines après le début du signalement obligatoire.

Michael Saylor redoute surtout une réduction de la capacité d’évolution de Bitcoin. Le code réserve certaines options techniques inutilisées pour permettre de futures mises à jour sans perturber les fonctions existantes, tandis que BIP 110 fermerait une partie de ces possibilités, notamment celles liées à BitVM.

La proposition renforcerait aussi la profondeur de certaines structures de transaction et limiterait la complexité de certains montages. Pour Michael Saylor, le principal problème tient au regroupement des sept modifications en un seul paquet : soutenir une règle ciblée reviendrait à accepter six autres mesures susceptibles d’être contestées.

Le seuil de signalement des mineurs est fixé à 55 %, contre un seuil habituel de 95 % pour BIP 9. La fenêtre de déploiement durerait environ un an, avant qu’un état « EXPIRED » mette fin au processus en l’absence de soutien suffisant.

Michael Saylor privilégie les frais et une politique de relais volontaire pour rationner l’espace des blocs sans juger le contenu ou le but d’une transaction.

« Bitcoin n'a pas besoin de gardiens de la pureté. Il a besoin de gardiens de la neutralité », a écrit Michael Saylor.

À retenir : le débat sur BIP 110 oppose les partisans de restrictions techniques ciblées à ceux qui voient dans le regroupement des sept mesures un précédent dangereux pour la neutralité et l’évolutivité de Bitcoin.